Mario Monti incarnait l'homme politique courageux et intègre. En quelques mois, il a remis l'Italie sur la carte du monde, : déficit structurel quasi nul, commerce extérieur excédentaire.

Sylvio Berlusconi, lui avait été poussé dehors, totalement décrédibilisé par des scandales sexuels, des postures intenables et une situation économique proche du gouffre.

Pourtant aux dernières élections, Monti fait un score marginal et Berlusconi gagne la majorité au sénat et le second plus important groupe de députés à la chambre, avec des promesses incroyables : il allait supprimer la taxe d'habitation mise en place par Monti, en payant de sa poche si nécessaire. Inutile de dire que sa fortune, certes considérable, n'y suffirait pas...

Les électeurs italiens sont ils beaucoup plus irresponsables que les Français ? Et des lors, comment reprocher aux hommes politiques français de nier la situation réelle du pays et de raconter des balivernes à longueur de discours. Et le louvoyage, méthode éprouvée pour se déplacer contre le vent est-il un défaut ou une habileté ?

Pourtant si la politique est un métier, il consiste "à rendre possible ce qui est nécessaire". Et là nous sommes loin du compte : pas de constat partagé sur la situation et donc pas de débat politique approfondi sur les solutions.

Et les médias ne font rien pour clarifier le débat : pas de"fact checking",( ce qui permet à la classe politique dans son ensemble de raconter n'importe quoi), et recours permanent aux mots valise qui évitent le débat :

Donc politiques et médias, au lieu de nous parler à longueur de journée du retour de Sarkozy, de la rivalité Coppe/Fillon ou du mariage Gay occuperaient mieux leur temps en contribuant à faire émerger un diagnostic partagé de notre situation. Après seulement les propositions de reformes deviendront audibles.